Trois questions à... Michel Cormier, directeur général de l’Information de Radio-Canada

03.04.2016

La Direction de l'info de Radio-Canada a jugé opportun de se doter d'un blog hébergé par le site ici.radio-canada.ca. Le «patron» de l'info, Michel Cormier, nous explique dans quelles conditions est né ce projet.

Michel, vous avez lancé le mois dernier une nouvelle initiative en publiant un premier blog sur le site ici.radio-canada.ca. Pourquoi ?

Deux mots pour expliquer cette initiative : dialogue et transparence. Comme je l’écris, nous vivons à une époque où la population réclame plus de transparence de la part des institutions publiques. Cette transparence, à Radio-Canada, se traduit déjà de plusieurs manières, mais il y avait un pas de plus à faire pour être transparent sur ce qui guide nos choix éditoriaux, sur le «comment on fait de l’information à Radio-Canada». C’est aussi une bonne manière d’établir un dialogue avec ceux qui nous regardent, nous lisent et nous écoutent.

Quel est le sujet de votre premier blog ?

Le journalisme en zone de guerre. Parce que nous avons récemment décidé de dépêcher pendant quelques jours notre correspondant basé à Moscou, Raymond Saint-Pierre, en Syrie. La question a surgi parce que notre journaliste a été blessé en tentant de fuir des bombardements. Alors on s’est dit que s’il y avait des questions au sein même de notre rédaction, le public devait aussi s’en poser…

Et comment justifiez-vous l’envoi d’un journaliste dans une telle région?

J’y écris que nous prenons la question de la sécurité très au sérieux. Dès qu'il est question de déployer une équipe dans une zone dangereuse, nous procédons à une évaluation des risques très détaillée. Tout risque ne peut être éliminé, mais il peut être mesuré. Dans le cas de la Syrie, on n’enverrait pas un journaliste dans une zone contrôlée par les rebelles à cause des risques d’enlèvement. Raymond s’est déplacé en Syrie avec d’autres journalistes pour voir ce qui se passait dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien grâce à l’appui de l’armée russe.

Ce n’était pas des conditions idéales, je le reconnais, mais cette couverture a permis de constater à quel point la situation reste instable malgré la trêve annoncée. C’est important de constater la situation par soi-même plutôt que par des images d’agence et de porter un regard «canadien» sur une situation plutôt que de se fier aux autres. C’est pour cela que nous allons continuer à nous déployer dans des zones de conflit.

Propos recueillis par Claude Fortin, Radio-Canada


Le blog de la Direction de l'info de Radio-Canada